
Les imâms d’al-Aqsa prescrivent le jihâd offensif
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Italie : des cardinaux défendent les Frères Musulmans
novembre 10, 2025Le maire de Londres, Sadiq Khan, fut au début des années 2000 l’avocat des islamistes de Nation of islam, puis d’un membre du Hizb ut-Tahrir, internationale islamiste voulant rétablir le califat. Il s’est fait élire avec des vidéos de propagande ciblées, se filmant devant la Mosquée Centrale de Londres, citant le Coran, et garantissant de l’intégrité de sa foi islamique. Déjà, en septembre 2004, il participait à une réunion des « Amis d’Al Aqsa » au centre islamique de Tooting en compagnie de propagandistes du Hamas tel Azzam Tamimi.
Le 22 novembre 2022 un grand diner de gala fut donné pour le 25ème anniversaire du Muslim Council of Britain, une des plus grandes organisations islamistes du royaume, notoirement connue pour sa sympathie envers les Frères Musulmans et sa proximité avec le Jamaat-e-Islami pakistanais. Le maire de Londres, Sadiq Khan, prononce son discours au pupitre : « Depuis sa fondation, le MCB a contribué à bâtir une société plus juste et plus équitable. Je tiens à rendre hommage ce soir à tous ses secrétaires généraux, à tous les anciens qui ont reconnu l’importance de la création du MCB. »
Ce n’est pas l’avis de la Secrétaire d’État aux Communautés, Hazel Blears, qui, en 2009, demanda à un secrétaire du MCB de démissionner après avoir découvert sa signature sous une déclaration de soutien au Hamas. Dans le contexte du blocus maritime contre le ravitaillement en armes des djihadistes durant l’opération militaire « Plomb durci », les signataires menacèrent les pays occidentaux y participant, interprétant cela comme une « déclaration de guerre » dans les « eaux musulmanes ». Daud Abdallah, fut immédiatement soutenu par la direction du MCB, répondant que l’organisation ne tenait pas ses ordres de la secrétaire d’État. Sadiq Khan était alors le Ministre pour la Cohésion des Communautés, et rejeta l’idée des conservateurs de couper les liens financiers entre l’état et le MCB, rappelle l’expert Lorenzo Vidino dans son ouvrage de référence The New Muslim Brotherood in the West (Columbia University Press, 2010).

Dans la salle, un homme passa un excellent diner, l’ancien secrétaire général du MCB, Muhammed Abdul Bar, pour qui une condamnation à mort de Salman Rushdie serait trop « simple », lui préférant des tourments incessants jusqu’à sa mort. Parmi les actions « sociales » du MCB ces dernières années, le boycott systématique de la Journée mondiale de l’Holocauste, car, comme l’affirmait le leader intellectuel des Frères, Al Qaradawi, l’extermination nazie « fut un châtiment divin ».
Un fondateur et ancien directeur du MCB, Iqbal Sacranie, fut interrogé par un influenceur islamiste en décembre 2024, et confirmait une stratégie d’infiltration réfléchie en Angleterre. Après avoir déploré que des musulmans quittent le pays, dégoutés par les lois sociétales progressistes, il pense au contraire que les musulmans ont un « djihâd » à mener, dans le sens d’un effort coûteux, pour accoutumer le pays à l’islamisation :
« Nous avons un devoir dans ce pays, même si l’establishement n’aime pas […] en utilisant les instruments à notre disposition : le lobbying, en envoyant des élus au parlement, assurer que nous participons au processus électoral, assurer que nous supportons des candidats ayant nos vues, et ils sont nombreux, musulmans et non musulmans. Les dernières élections ont prouvé que nous pouvons1. »
Iqbal Sacranie s’était fait remarquée lors de son passage à la direction du MCB pour son soutien financier à une ONG opérant en Palestine, Interpal, repérée par les services occidentaux comme pourvoyeuse du Hamas. Son souci a toujours été de fédérer toutes les sensibilités islamistes, il explique avoir voulu réunir dans une même fédération les Déobandi (Talibans), le Jamaat-e-islami et les Frères.
Mais c’est une autre fédération de mosquées en Grande-Bretagne qui est la filiale officielle de l’Union des organisations islamiques d’Europe, la Muslim Association of Britain (MAB), fondée par des hauts responsables internationaux de la confrérie, comme Mohammed Sawalha, Anas al Tikriti, fils du leader de la branche irakienne, et un dirigeant de la branche jordanienne de la confrérie, Azzam Tamimi ( Front de l’Action islamique, à l’époque pas encore interdit en Jordanie). Les ressources humaines de la direction mondiale des Frères Musulmans mirent « le paquet » pour s’implanter dans cette partie stratégique de l’Occident, et, sous le nom anodin de Global information center, ils ouvrirent un premier centre de propagande à Londres. Pour le diriger, Kamal Helbawy fut envoyé avec l’assurance de tenir le profil parfait. Ce confrère avait le mérite d’entretenir des liens étroit avec les pakistanais du Jamaat-e-islami, d’avoir dirigé la World Assembly of Muslim Youth (WAMY) des saoudiens, et d’avoir cofondé le MCB si cher au maire de Londres, en plus d’avoir aidé les moudjahidines en Afghanistan dans les années 80. Cinq ans après son incubation, la MAB organisait en 2003 sa première manifestation anti israélienne en plein centre de Londres. Quinze-mille personnes (chiffre police) se réunirent avec les drapeaux du Hamas et du Hezbollah, pour brûler celui d’Israël. L’année précédente, Israël lança l’opération « Rempart » pour riposter après quarante attentats suicides qui tuèrent 120 civils israéliens. Même l’attentat contre l’hôtel Park de Netanya, revendiqué par le Hamas, qui tua 30 civils, n’empêchait pas les dirigeants de la MAB de soutenir ouvertement l’organisation terroriste ! La guerre inique en Irak fut une aubaine pour cette branche britannique de la confrérie, qui se joignit aux plateformes anti-guerre de gauche, obtenant d’elles la garantie d’une nourriture halal lors des manifestations, ainsi qu’une séparation hommes-femmes.
Incroyable fut la tournée de conférences de Anwar al-Awlaki dans les prestigieuses universités anglaises en 2002 (London School of Economics, Imperial College, School of Oriental Studies, etc.), organisée par l’association. Cet americano-yéménite fut un haut cadre d’Al-Qaida, dont Barak Obama ordonna la neutralisation par drone en 2011 au Yémen.
Le plus grand succès de la MAB fut d’avoir rallié le maire de Londres Ken Livingston, présent en 2004 à une réunion du Conseil Européen de la Fatwa et de la recherche, où son président, le cheikh Youssouf Al-Qaradawî (m.2022) critiqua vertement l’interdiction du hijab dans les écoles françaises. Livingstone dressa une couronne de louange à ce maître à penser de la confrérie, « un des savants musulmans les plus éminents et modéré du monde », et le compara au pape Jean XIII ! Parmi ses positions publiques Qaradâwi recommandait de tuer les homosexuels, les apostats et préconise le jihâd armé quand celui-ci peut amener à un changement de régime islamique ( cf. La Science des priorités, éditions Maison d’Ennour, 2007). Pour répondre aux vagues de critiques contre le chef islamiste, le maire de Londres les décriait comme « une explosion hystérique de racisme et d’islamophobie ».
Pari réussi pour la MAB, qui organisa par la suite des IslamExpo réunissant plus de 10 000 visiteurs, avec un soutien financier de 200 000 pounds obtenu par Ken Livingstone !
La MAB a depuis étendu ses antennes jusqu’en Ecosse, et a multiplié les médias d’influence, où la fille du chef des Frères Musulmans tunisien, Soumaya Ghannouchi, excelle dans l’art éditorial intersectionnel, séduisant les féministes de gauche. Son président Anas-al-Tikriti, soutient ouvertement le Hamas et préside aussi la Cordoba Foundation, listée comme organisation terroriste par les Emirats-Arabes-Unis.
En 2025, un candidat à la mairie de Londres critiquant l’islamisme n’aurait aucune chance d’être élu. Les uniformes féminins de police peuvent comporter le hijab, 85 tribunaux islamiques sont compétents en droit de la famille, et c’est un mufti enturbanné qui vient de prendre la direction de l’inspection des écoles (Ofsted). Toutes les écoles du Royaume-Uni ! L’Angleterre est tombée sans combattre, et est devenu l’épicentre des médias de la confrérie, avec encore cette année une nouvelle chaîne islamiste lancée par le Safwa Center, animée par l’islamiste français Idriss Sihamedi dont l’association Baraka City fut dissoute par Gérald Darmanin en octobre 2020 car elle « se complaisait à justifier des actes terroristes ».
Sihamedi s’est réjouit du retour des Talibans aux affaires en Afghanistan. Cela tombe bien, l’école Déobandi, de laquelle les Talibans tiennent leur doctrine, contrôlent 41 % des 2000 mosquées anglaises selon le Center fo research and Evidence on Security Threats.




